« Udpexit », le baiser de Judas

Les débauchés par Kabund jurent de ne pas le suivre jusqu’au bout. Le contraire nous aurait étonné. Si Jean-Marc avait mené avec succès l’action de débauchage jusqu’à devenir l’architecte incontesté de la majorité de l’Union sacrée,–c’est parce qu’il avait un discours materiellement porteur. Il suffisait de promettre des postes au gouvernement, dans les entreprises publiques ou dans la territoriale. Sans oublier jeeps et autres « invisibles ». L’appat était adapté. C’est normal que la pêche soit abondante à tel point qu’on pouvait s’y perdre. Premier à s’y perdre, c’est Kabund lui-même. Il s’est présenté à tout le comme auteur de la formule pour requalifier la majorité. Nous on ne s’y perd pas. Avec toute la flagrance de la violation de la Constitution, personne ne peut lui nier cette paternité. En outre, cette démarche aurait échoué si la Cour constitutionnel n’y avait pas apporté sa confusion (intentionnelle) sur le mandat impératif qui est nul, jusqu’à opposer deux articles de la même Constitution. L’un stipule que « un député qui quitte délibérément son parti politique y laisse le mandat. L’autre dit que le député est libre de tout mouvement. Il peut dont donc au cour d’un mandat de l’opposition à la majorité et vice versa. Une façon d’enlever le verrou pour favoriser la transhumance. Une forfeture qui ne pourra pas demeurer impuni. On pense qu’au moment « M », il y’aura des gens pour plaider coupables. Kabund s’y perd parce qu’il semblait oublier qu’il ne pouvait qu’agir comme mandataire politique.

Les députés de l’Union sacrée s’y sont perdus en faisant Kabund roi au point de lui dévouer une dévotion proche du culte de personnalité. Maintenant que Kabund amorce l’udpexit, il devrait s’attendre à ce qu’il n’y ait personne derrière lui. Il est obligé d’opérer comme une perdrix sans enfants. On ne comprend l’empressement des députés à désavouer Kabund que pour apaiser le Chef de l’Etat. Une façon de lui dire : « Vous connaissez nos relations avec Kabund, mais nous ne sommes pas avec lui, nous n’irons avec lui ».

Quiconque a lu la Constitution congolaise ou qui connaît la pratique parlementaire, le comportement des députés congolais relève « d’outre monde » pour ne pas dire « d’outre-tombe ». Une Assemblée nationale sensée contrôler l’Exécutif développe et fait montre d’une chambre aux ordres. Conséquence, le contrôle est devenu une formalité. Comme si cela ne suffisait pas, la présidence de la République a pris toutes les prérogatives constitutionnelles du gouvernement. Quel bilan attendre dans ces conditions ?

PG

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