Suffrage universel direct ou indirect, plus de passions que de raison

Le fait pour certaines gens d’attribuer l’opinion de Ngoyi Kasandji au Fcc, annonçait la pervesion des débats à ce sujet. Personne ne pouvait donc s’attendre à une certaine objectivité dans les arguments y relatifs. Ngoyi Kasandji a même été qualifié d’analphabéte juridique par des aveugles constitutionnels. Le contraire nous aurait étonné, vue la qualité des intervenants. En fait, à voir les choses, honnêtement, c’est plus la personne de Kasandji qu’on juge et non son opinion. Et aveuglement, on lui oppose les dispositions constitutionnelles utilisées à tort et à travers. Comme des peroquets, on cite l’article l’article 220 qui interdit la révision de certaines matières dont la forme de l’Etat, le mandat du Chef de l’Etat, le suffrage universel, … Le fait seulement que le suffrage universel apparaisse dans cet article 220, signifierait que « suffrage universel » impliquerait suffrage direct, excluant ainsi l’indirect.  Ainsi, croit-on, changer le suffrage universel direct en suffrage universel indirect, serait violer l’article 220. Et pourtant, cet article ne parle pas de suffrage direct qui serait verrouillé, mais de suffrage universel, tout court. On ne prend même pas la peine de lire tous les articles de la Constitution ne fut-ce que pour chercher à comprendre ce qu’on entend par « suffrage universel ». L’article 5 de la Constitution, alinéa 4, définit, pourtant, en termes clairs, ce qu’on entend par suffrage universel. Selon la Constitution, à l’article 5, alinéa 4, « le suffrage universel est direct ou indirect ». C’est la notion qui est reprise dans l’article 220.  Au lieu de se rendre à l’évidence devant la clarté de la définition, d’aucuns, juristes de surcroit, vont chercher la petite bête dans l’article 70 de la Constitution. Il est vrai que cet article stipule que le président de la République est élu au suffrage universel direct. Dans le cadre de la réforme, Ngoyi Kasandji propose la révision de cette disposition de l’article 70. Il faut être analphabète juridique pour dire que « cet article serait verrouillé ». Car, nulle part, la Constitution verrouille les articles. Elle verrouille les matières et non les articles. Personne ne peut nous faire croire le contraire. C’est clair que l’article 70 n’est pas verrouillé. Comme aucun autre de la même Constitution. Mais certaines matières de cet article, dont le mandat du Chef de l’Etat, sont verrouillées. Il y’en a même qui disent à qui veut les entendre, que l’article 220 serait verrouillé. Il est verrouillé dans quel article ? Outre le fait que la Constitution verouille les matières et non les articles, les matières de l’article 220, c’est « la révision constitutionnelle »,  réglée dans l’article 218.

Reconnaître ces évidences, ne veut pas dire de facto qu’on est pour l’élection du Chef de l’Etat au suffrage universel indirect. Une chose est d’être pour le suffrage universel direct ou indirect, une autre est d’avoir des arguments pour justifier son choix. Il ne suffit pas de mentir sur le dos de la Constitution. Car, ce n’est pas parce, vous, vous êtes contre le suffrage indirect, que ce suffrage serait interdit.

Plus grave, les réactions entendues à gauche ou à droite, sont tellement épidermiques qu’elles se situent dans la peur de la majorité actuelle. Et pourtant, cette majorité qui élira le président, n’existe pas encore.  Sauf si on serait en face des gens convaincus de leur incapacité de remporter la majorité en 2023. Et en jouant au devin, ils voient le Fcc, par Kasandji interposé, préparer l’élection du Chef de l’Etat de son camp par sa majorité à venir.  Qui peut comprendre telle agitation !

SG

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