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Regime « primo-ministériel », une provocation pour l’Udps

Il y a des choses qu’on ne peut pas dire à haute voix sous le président Félix Tshilombo. Le faire, c’est comme exhiber une carricature du prophète. La sentence, on la connaît. Si le professeur Boshab vit encore, c’est simplement parce qu’on n’a pas encore eu l’occasion de l’avoir dans le viseur. Il a osé dire qu’il y autre chose au-dessus de Félix.  En attendant, la fatwa a été prononcée. Il a osé déclarer, se basant sur la Constitution, que la Rdc serait dans un régime « primo-ministériel ». Ce qui équivaudrait à dire qu’il y aurait, à part Dieu, quelque chose au-dessus du président Félix Tshilombo. A écouter les réactions, on dirait que soit la Constitution n’exiqte pas, soit qu’il y’en aurait une nouvelle taillée sur la mesure du président actuel. Joseph Kabila aurait gouverné avec une autre Constitution qui permettait que l’Udps le vilipende. Au quotidien.Le primo-ministériel avait-il été de mise au temps de Joseph Kabila. Lorsqu’il s’agit du respect dû au Chef de l’Etat, on ne se pose pas la question de savoir pourquoi le respect absolu qu’on veut pour Félix  Tshilombo, on ne l’avait pas voulu hier pour Joseph Kabila. Mais, il suffit d’opposer au président actuel les prescrits de la Constitution, la question qui revient sur toutes les lèvres, c’est de savoir si c’était le cas pour Joseph Kabila. Et pourtant, il faut seulement s’en reférer à la Constitution. Le président ne nomme le Premier ministre qu’au sein de la majorité parlementaire, après consultation de celle-ci. Pour montrer la limite de son pouvoir, le président de la République ne peut pas destituer le Premier ministre. Dans le fonctionnement de chaque jour, le Premier ministre doit contresigner les ordonnances du Chef de l’Etat. Par contre, les décrets du Premier ministre et même les arrêtés des ministres, ne sont soumis à aucun contreseing. Bien entendu, les sujets des ordonnances présidentielles (à part celles relatives à l’organisation de son cabinet), les sujets des décrets et ceux des arrêtés des ministres,  sont discutés au conseil des ministres. La Constitution est encore explicite lorqu’elle établit le Premier ministre comme celui qui conduit la politique de la nation sur base d’un programme discuté avec le Chef de l’Etat, programme approuvé par l’Assemblée nationale. Lorsqu’on parle des actions du Chef de l’Etat ou de son programme, on va chercher cela dans quelle Constitution ?

Nous parlons bien du pouvoir par rapport à la gestion du pays. Le Premier ministre est seul pour répondre de la gestion du pays devant le peuple réuni au parlement. Lorsqu’on dit couramment que c’est le Chef de l’Etat qui en répondra, on tire cela dans quelle Constitution ? Dans le discours de la rue.

Alors, quel était la situation avec Joseph Kabila ? Rien n’a changé. Sauf que Joseph Kabila semblait avoir la marge politique plus large, parce qu’il avait une majorité au parlement. Chercher à donner au président les pouvoirs que ne lui donne pas la Constitution en ignorant la majorité parlementaire, c’est marcher sur la Constitution. Les Congolais ont la mémoire courte. Cette Constitution était voulu comme moyen de dépouiller le président de la République de tous les pouvoirs. Et le président qui était visé à l’époque, c’est Joseph Kabila. Tout avait commencé pendant la transition, le président de la République ne nommait que huit ministres de sa composante. Il était réduit au rang de composante comme le Mlc, le Rcd, l’opposition non armée, …Cet esprit a été mis dans la Constitution actuelle qui fait du président de la République un arbitre et en donnant au Premier ministre le pouvoir de conduire la politique de la nation. Quiconque est sincère, reconnaitra que la crise actuelle vient du fait que le président de la République a ignoré le pouvoir du Premier ministre en relativisant le sens du contreseing. Il a quitté son rôle d’arbitre pour celui de joeueur. Maintenant que l’arbitre est en conflit avec un joueur, qui va jouer à l’arbitre ? On tomberait dans l’arbitraire si c’est une partie au conflit qui doit faire le juge.

SG

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