Quand les 13 « vagabonds » se dévoilent

Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose, disait un ancien président américain. Au moment où on constatait l’imbroglio entretenu par les confessions religieuses, au sujet de la désignation du président de la Ceni, un groupe de députés nationaux,  est monté au créneau pour rencontrer certaines personnalités du pays. Objectif visé, mettre la classe politique d’accord sur des réformes électorales. Au même moment, Bob Kabamba venu de l’université de Liège en Belgique, inaugurait un forum dit de haut niveau, toujours sur des réformes consensuelles. Ce forum n’est pas allé plus loin que la séance d’ouverture. Son baluchon sur la tête, réaliste, Bob Kabamba est rentré à ses études.

On croirait que le saint ( ?) esprit était descendu sur les acteurs socio-politiques de la Rdc pour initier des réformes dans ce pays. En plus des 13 personnalités et du professeur Bob Kabamba, les organisations de la société civile en  matière électorale, ont ouvert et clôturé un autre forum. Les résolutions ont été déposées notamment à la présidence de la République. Rien de cela, comme l’inflation des forums,  n’avait découragé le groupe dit de 13. Il a poursuivi son pèlerinage. Ce groupe a également déposé ses résolutions et à la présidence et à l’Assemblée nationale, sous forme de loi. Une curieuse démarche ! Le plus étonnant, c’est le discours qui accompagne la présentation de ces résolutions. Sous forme de chantage, dans une agressivité qui n’a d’explication que dans l’impuissance de ce groupe face à la loi, le rapporteur-leader des 13, dit à la présidente de l’Assemblée nationale, que la proposition d’une loi par un député, n’est pas une faveur. Qui lui avait dit que c’était une faveur ? C’est plutôt lui qui a tort de penser que ce qui est un droit pour lui, serait une obligation pour toute la chambre basse du parlement. Bien plus qu’une proposition de loi, les 13 proposent même un calendrier électoral. On voit clairement que le but, l’astuce de ce groupe, c’est d’imposer sa proposition de loi, la voulant particulière, parce qu’issue d’un « large consensus ». Ils ont dans leur discours de fausses certitude du genre « tout le monde est d’accord ». Le contenu de ce « tout le monde », laisse perplexe. Apparemment, au nom du prétendu consensus et de « tout le monde », les 13 attendaient voir leur proposition de loi passer partout comme une lettre à la poste. Et, croyaient-ils, une certaine arrogance suffisait pour qu’il en soit ainsi. Trop de bruits pour rien. Au finish, la montagne a accouché d’une pauvre et maigre souris. Dans la forme comme dans le fond !

En réalité, on a affaire à des individus qui préparent leur propre avenir politique. Beaucoup d’entre eux, craignent le seuil comme la peste. Car, mal à l’aise dans leurs partis ou regroupements politiques, ils comptent sur la course solitaire. Le seuil est donc,  un obstacle à lever. L’autre planche de salut, c’est le deuxième tour. Le seul argument qui le justifie, c’est qu’il leur permet de vivre comme des saprophytes après les élections. Car, au deuxième tour, on a l’impression que les candidats sont capables de s’accrocher même à leur ombre croyant y trouver une bouée de sauvetage. On avait deux tours en 2006, la contestation était là. En 2011, il n’y avait pas seuil, mais la contestation était au rendez-vous.  Nous pensons qu’aujourd’hui, la seule réforme qui vaut la peine d’être tentée, c’est de se méfier des vendeurs d’illusions qui roulent pour eux-mêmes. Shaah G.

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