Mensonges qui mettent à nu Congo hold-up

Au fur et à mesure qu’on avance dans les prétendues révélations de Congo hold-up, on découvre  de plus en plus des vides effrayants qui servent d’arguments dans cette « enquête ». Un des cas qui transpire le mensonge, c’est celui des méfaits dénoncés à la Ceni (liés au clan Kabila) en 2011. Les « enquêteurs » dénoncent des marchés passés sans appel d’offre. Et de là, ils tirent des conclusions selon lesquelles, il y aurait eu détournements. Ils citent entre autre le cas du transport des bulletins de vote devant servir au scrutin de 2011. Sans moindre effort de recherche critique, ils ont tiré des conclusions hasardeuses. Et que telle opération soit qualifiée d’une importante enquête, l’une de « plus grandes de tous les temps », c’est une rigolade. Pour eux, il s’agit,  d’un des plus grands scandales du monde depuis qu’ils ont appris à voir et à parler. Et pourtant, 10% d’efforts de leur part, effort qu’exigerait une enquête de l’importance que lui accordent ses auteurs, auraient permis d’éviter certains écarts de langage dans des médias qui se veulent sérieux.

En effet, les élections de 2011 intervenaient après la transition « Un plus quatre ». On avait une nouvelle Constitution et la CEI (Commission électorale indépendante) devrait laisser la place à la CENI (Commission électorale nationale indépendante). Il fallait définir ce qu’on entendait par « personnalités indépendantes » choisies par l’opposition et la majorité pour composer la nouvelle CENI tel que voulue dans la loi. On passera tout le temps à se quereller autour du concept à tel point que l’on ne voyait pas le temps passer. Quand on se met d’accord, il ne restait que huit mois pour mener le processus électoral. Avec le « retour » de Etienne Tshisekedi au processus électoral, après avoir boycotté celui de 2006, tout report des élections serait interprété comme une tentative d’éviter le leader de l’Udps. Il fallait courir. S’adressant aux politiciens, le président de la Ceni disait « Il faut serrer la ceinture, parce que nous allons prendre une vitesse de croisière ». En moins d’une semaine après l’installation, il avait collecté les avis de la classe politique en vue de l’élaboration du calendrier électoral. En moins de trois mois, la Ceni avait terminé l’enrôlement des électeurs. Cette tâche était rendue possible par l’entêtement du bureau de la Cei qui, malgré la farouche opposition de certains acteurs politiques, avait poursuivi les opérations d’enrôlement des électeurs avant de faire la remise et reprise.

Ce rappel fait, on peut constater que tout se faisait aux pas de course. Vouloir qu’il y ait appel d’offre obligatoire pour l’achat du matériel, dont la quincaillerie électorale, était ni souhaitable ni envisageable étant donné que tout le monde tenait aux élections dans le délai constitutionnel. La Ceni n’avait pas commandé le matériel d’enrôlement parce qu’elle avait utilisé le matériel de la Cei. Son problème était la production des urnes transparentes. Le bureau de la Ceni, voulait résoudre deux participer à l’économie nationale et avoir les urnes dans le délai. Les élections étant financées à 90% par le trésor public, il fallait verser cet argent dans le circuit économique national. En faisant fabriquer les urnes au pays, on résolvait le problème de transport. Toutes les entreprises qui fabriquent les produits en plastic sollicitées, aucune n’était en mesure de répondre à la commande. La Ceni s’est rabattue sur une entreprise de la sous-région en RSA. Un mois après l’entreprise choisie se déclara incapable d’honorer la commande dans le délai imparti. Elle orientera la Ceni vers un partenaire allemand. Celui-ci, près d’un mois après, déclarera forfait, parce que, expliquait-il, pour respecter le délai de livraison, il devrait faire travailler le personnel jusque dimanche, contre la norme de l’Ue. La Chine elle, sollicitée, pouvait  livrer dans le délai. Il se posait le problème de transport par bateau. Il ne restait que deux mois, le temps de recevoir les urnes et les déployer. Le pari était difficile. La solution viendra du Premier ministre Muzito qui demandera à la Ceni d’envisager le transport par avion. Le gouvernement avait mis la main en poche pour cette dépense imprévue, soit dix-huit rotations d’avion entre la Chine et la Rdc. Il fallait le faire !

Congo hold-up raconte des histoires tout simplement parce qu’il fallait trouver quelque chose à se mettre sous la plume, afin d’honorer un contrat. Visiblement salé.

JJ

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