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Kinshasa

Karm apa au tribunal de la censure

On s’y attendait. La chanson « Mama Yemo , maison hantée» de l’artiste Ndongala dit Karmaapa, est visée par la commission nationale de censure. L’Hôpital général de référence de Kinshasa (Mama Yemo) avait promis de ne pas se laisser faire au cas où, l’artiste irait jusqu’à concrétiser son projet d’œuvre musicale. Pour les dirigeants de cet hôpital, l’artiste, en composant cette chanson, veut se venger du désagrement qu’il dit avoir connus dans les servibes de cet hôpital. Le malade qu’il avait amené à cet hôpital serait mort non pas par négligence, mais parce que Karmaapa n’avait pas d’argent. Si un malade peut mourir dans un centre parce qu’on ne l’aurait pas pris en charge par manque d’argent, cela ne s’appelle autrement que négligence. La commission de censure a tort de chercher des poux sur la tête de Karmaapa. Un artiste musicien cherche les thèmes de ses œuvres dans le vécu quotidien personnel ou social. C’est vrai que l’on aurait voulu que l’artiste conceptualise, qu’il parle d’hôpital sans personnaliser. Il commettrait dans ce cas, le péché de la généralisation. Les hôpitaux qui font effort pour fonctionner dans les normes, seraient lesés. Ils pourraient se plaindre et Karmaapa aurait tort de mettre tout le monde dans le même sac. Enfin, la situation de Mama Yemo est connue de tout le monde. Les dirigeants de cet hôpital ont tort de compter sur une certaine omerta alors qu’ils ont une conscience à laquelle ils ne peuvent pas mentir. Apparemment, le comité de gestion de cet hôpital se contente d’un ligablo gérée comme une épicerie familiale en lieu et place d’un hôpital moderne étroitement surveillé. Le Premier ministre Adolphe Muzito était sorti abasourdi de Mama Yemo après avoir constaté lors d’une visite, notamment, qu’il n’y avait même pas un soupçon de comptabilité dans cette formation médicale.

En ce qui concerne la commission nationale de censure, elle doit comprendre que la censure ne doit pas être considérée comme un droit de diminuer la liberté de création. Autant tous ceux qui passent par Mama Yemo sont libres d’émettre leur jugement sur cet hôpital, peindre ces réalités, les journalistes par des reportages, les peintres par leurs pinceaux, …les musiciens ne pouvaient qu’utiliser leur micro.

NN

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