Il plaît sur le processus électoral de la Rdc

Qui l’eut cru ? C’est l’étonnement général. Jamais processus électoral n’avait mis les Congolais d’accord dans la contestation. Pour se consoler en lieu et place de conjuguer les efforts pour une solution au problème qui se pose, on va chercher des excuses dans le passé du reste déformé. On dit que le comportement de l’Eglise catholique a été le même à chaque cycle électoral. Au même moment, ceux qui critiquent la position de l’Eglise, sont les mêmes qui estiment que les élections, à chacun de ces cycles étaient chaotiques. La logique aurait voulu qu’ils donnent raison aux catholiques pour avoir été prévoyants. Bien au contraire, on cherche à ce qu’on reparte sur les mêmes bases avec le risque de commettre les mêmes erreurs. Tout est jugé avec des lunettes partisanes. Pour justifier la forte politisation de la Ceni actuelle, on raconte que Kabila aurait fait la même chose avec sa majorité. Ce qui est faux. En 2006, on sortait de la transition un plus quatre. Le jeu politique était mené par ce qu’on appelait composantes. Il y’en avait cinq : Gouvernement, Mlc, Rcd, opposition politique et la Société civile. Il faut ajouter à ces composantes, ce qu’on appelait « Entités ». Si on doit parler en termes  de majorité, elle était du côté de l’opposition qui réunissait trois composantes. Le choix du président de la Cei s’était fait au sein de la société civile. A proprement parler, il n’y avait pas contestation du président pour raison de moralité ou d’accointances politiques. Ce qui était arrivé, c’est que Malumalu n’était pas présenté par la Cenco, mais il avait le soutien de son diocèse. Les réserves des catholiques étaient considérées comme un avis. Il y avait l’Ecc, donc le vice-président, pour engager la sous-composante confessions religieuses. Le problème de qui engage la sous-composante, ne se posait pas comme aujourd’hui. En 2011, outre le fait que les réformes étaient réelles – la Cei muée en Ceni – le choix des membres avait fait l’objet d’un débat jusqu’à ce que tout le monde ait plus ou moins le même entendement. L’équation à résoudre était de savoir ce qu’on entendait par « personnalités indépendantes qui, au terme de la loi, pouvaient être membres de la Ceni. L’entendement commun était que l’indépendance n’était pas un préalable, mais une acquisition. En termes clairs, on devenait indépendant une fois désigné à la Ceni. On peut en douter, mais c’était le fruit des discussions, disons de dialogue. En 2018 c’était la même chose. Quand la Cenco n’était pas là, pour représenter la sous-composante, l’Ecc le faisait. Rien de pareil avec le processus actuel où Cenco et Ecc parlent le même langage. Ce processus ne doit chercher sa jurisprudence que dans le cas Malonda. Non seulement parce qu’il est frais en mémoire, mais aussi et surtout parce que les similitudes sont frappantes. Malonda est choisi par six confessions religieuses qui se donnent mandat de représenter la sous-composante. Le Chef de l’État, malgré l’entérinement par l’Assemblée nationale, fait remarquer que le pv en sa possession comme soubassement à la décision de l’Assemblée nationale était signé par des personnes sans qualité. Il a bloqué Malonda. On constate, à la lecture de sa lettre adressée au bureau de l’Assemblée nationale, que le Chef de l’Etat ne se mêle pas dans le travail parlementaire. Séparation des pouvoirs oblige.

Arrive le cas Kadima. Comme pour le cas Malonda, six confessions religieuses mettent leur dévolu sur Kadima. Avant même d’épuiser la procédure, les six voyant dans le comportement de deux autres confessions ce qu’elles considèrent comme manœuvres de blocage, se retirent, passent au vote dans une réunion convoquée par elles-mêmes et se donnent le droit de signer le pv en lieu et place du président ou du vice-président de la sous-composante. On s’attendait, logiquement à ce que la même logique de défaut de qualité leur soit appliquée. Curieusement, le Chef de l’État est allé chercher un autre grief pour justifier pourquoi il ne peut pas appliquer la même sanction à Kadima qu’à Malonda. Pour lui, dans le cas Malonda, la question d’entérinement n’était pas inscrit à l’ordre du jour de la plénière. Voilà le Chef de l’État qui censure, juge une action parlementaire. Si on compare cela à la prérogative qu’il a dans la promulgation des lois, ce qu’il peut faire après avis de la Cour constitutionnelle, c’est de renvoyer la loi à l’Assemblée. Malheureusement, il plaît abondamment sur le Congo. Le ciel est sombre.LL

About Diana Gikupa

Check Also

Congo hold-up, un combat d’arrière-garde

D’aucuns parleraient d’une malheureuse béquille, parlant de cette enquête-fuite. Pourquoi ne pas parler aussi d’un …

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *