Forum du Centre interdiocesains, un agenda caché, un piège de Lamuka

Il faut encourager Fcc-Cach à prendre ce dossier avec des pincettes. Le Cach, particulièrement, devra se méfier de la position de l’Udps. Ce parti, curieusement, est dans l’option de faire la guerre aux institutitions, jusqu’à mettre le Chef de l’Etat en difficulté, au nom, soi-disant, de la crise. Quelle est la nature de la crise qui fait courir et fait jaser en Rdc? Chacun y va de son interprétation. Cela a toujours été le cas des crises ou des supposées crises politiques dans ce pays. Ce comportement qui consiste « à chacun sa crise»,  a enrichi le vocabulaire politique congolais avec le terme « agenda caché ». A Sun City, le Cocus femme avait bien peint ce comportement en disant que « les politiciens congolais, une fois au dialogue ou en quête du dialogue, ne mettent jamais leur vrai problème sur la table. Puisque chacun cache son  vrai problème, la discussion engagée ou à engager, ne porte que sur « les positions ». Terme qui a un sens bien congolais : « politicien en mal de positionnement ».  Puisque rien n’a changé, le dialogue recherché – quels que soient le nom et la forme qu’on lui donne – ne porte que sur le positionnement personnel. Le préalable à tout dialogue devrait être ce questionnement : « où est la crise » ?

Quelle crise, quelle en est la nature ? 

Lorsqu’on pose la question de savoir où serait la crise, chaque demandeur du dialogue a sa crise, sa définition de la crise. Disons, chacun a ses symptomes de la crise, selon ses intérêts. Les uns identifient la crise à travers « la mésentente entre les membres de la coalition Fcc-Cach ». Ils ont été renforcés dans leurs convictions, lorsque la prétendue crise s’est invitée dans les institutions, notamment avec l’affaire Malonda et les lois Minaku-Sakata. On a vu les partis politiques s’ingérer dans le fonctionnement des institutions. L’Udps était le premier à défier l’Assemblée nationale. Les dirigeants de l’Udps avaient appelé leurs militants à descendre dans la rue. Pour l’Udps, c’est le peuple qui était dans la rue et non  leur parti politique. Argument avancé pour décliner toute responsabilité sur les dérapages survenus à l’occasion. Mais, curieusement, les dirigeants de l’Udps ont revendiqué tous les morts, toutes les victimes tombées à l’occasion. On a compris que lorsque l’Udps parle du peuple, il fait allusion à ses militants.

Sauf, si on se veut naïf, la motivation de  l’Udps, c’est un agenda personnel. Car, si Kabund n’avait pas été démi de ses fonctions de 1er Vice-président de l’Assemblée nationale, ce bras de fer avec le parlement, n’aurait pas lieu. Cette crise d’égos, pour être résolue,  mérite-t-elle un dialogue national ? On peut se poser la même question au sujet de la controverse autour des ordonnances du Chef de l’Etat.

A part la crise Fcc-Cach qui serait une opportunité d’un dialogue national, c’est la crise post-électorale à chaque cycle. Sauf, si on est un charlatan, personne ne peut nous assurer qu’on pourra trouver une theurapie pour éviter à jamais la contestation, avoir une proclamation avec contestation zéro. On voudrait nous faire croire qu’à chaque élection, il faut revoir les règles du jeu. Tel que l’accent est mis sur « ies réformes électorales », on croirait que dépuis 2006, il n’y a jamais eu réformes électorales. Et pourtant, de la Cei à la Ceni, en passant par l’instauration de la plénière en plus du bureau, on a instauré le seuil. Malgré tout cela, la contestation ne s’arête pas. Bien au contraire ! Chacun veut trouver son compte dans les réformes. Sans cela, il faut d’autres et davantage des réformes. En attendant, les réformes exigées et obtenues hier,  sont décriées et remises en cause aujourd’hui. Le cas du seuil.

Là où l’Udps s’est fait prendre

A qui profite cette crise  artificielle ? Que l’Udps développe le discours selon lequel on mettrait les bâtons dans les roues du Chef de l’Etat et au même moment que ce soit lui qui crée les conditions d’un dialogue attestant le blocage des institutions, ou de vouloir chercher la solution extraconstitutionnelles, on ne comprend plus rien. N’est-ce pas une façon de dire que le garant du bon fonctionnement des institutions aurait échoué ? On ne le dira jamais assez, il n’y a pas meilleure façon de mettre de l’eau au moulin de Fayulu que de prêcher l’évangile des réformes institutionnelles. Car, ce dernier a fait et fait encore des réformes institutionnelles,  son point d’honneur. Très lucide, jadis, répondant à une question d’un journaliste, le Chef de l’Etat, Félix Tshilombo, invitait le député Fayulu à proposer ses réformes à l’Assemblée nationale. Qu’est-ce qui a changé ? Personne de politiquement objectif ne peut comprendre que l’on cherche à organiser les élections en commençant par mettre entre parenthèse les institutions qui existent, issues des élections. Une façon de faire comprendre que le pouvoir se trouverait dans la rue. Démarche étonnante ! Notamment celle de Bob Kabamba. Si les institutions fonctionnent sur base de la Constitution, le pouvoir de la rue, lui, obéit à quelle loi ? Pourquoi s’époumoner à mettre en place les institutions en organisant les élections,  si demain, ceux qui seront en marge, puisqu’ayant perdu ces élections, se donnent plus de pouvoir que n’en auraient les institutions, au point de vouloir tout changer à sa guise. On fait croire aux naïfs qu’il pourra sortir d’un forum, vienne-t-il de Liège,  des institutions capables d’organiser des élections sans contestation. Un gros mensonge qui cache un agenda caché.

PG

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