Fatshi dénonce : « la mafia partout »

Il était, disons, en visite d’inspection. Question de se rendre compte de l’état d’avancement des opérations militaires depuis l’instauration de l’Etat d’urgence dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. Dans sa prise de parole, chacun a eu ce qu’il attendait. Sauf ceux qui voulaient réellement ce qui se passe et ce qui pourra arriver demain.

D’une part, le Chef de l’Etat a constaté une évolution notable de la situation sécuritaire en citant, par exemple un tronçon de route qui, hier, ne pouvait être fréquentée en toute sécurité. Aujourd’hui, on peut le fréquenter sans être armé jusqu’aux dents. Puisque le président lui-même était armé jusqu’aux dents, de qui detient-il ce témoignage ? C’est un discours capable de galvaniser les propagandistes de l’Udps et de certains membres de l’Union sacrée. Ceux qui croient dur comme fer que, pour Fatshi, il suffit de la vision pour que tout se fasse.

D’autre part, le Chef de l’Etat était griffe dehors contre la mafia qui gangrenerait toutes les institutions jusque dans l’armée. Il était même vent debout contre ia justice. Pour tout observateur amateur, ce discours serait en contradiction avec ce que la propagande de l’Udps déverse dans l’opinion comme instauration de l’Etat de droit, amélioration des finances de l’Etat et quoi encore, mis dans l’actif de deux premières années du mandat de Fatshi. Il faut vraiment la mémoire courte pour penser que ce discours embarrasserait les propagandistes. Car, si le Chef de l’Etat lui-même avait dit haut et fort que les deux premières années étaient un échec, la propagande elle, parle de réussite. Le discours sur les deux ans ratés à cause des blocages du Fcc, n’était vrai hier que parce qu’il fallait s’en servir pour justifier le coup de force au parlement. Ce qu’on appelle requalification de la majorité. Négation par excellence de l’Etat de droit !

Le discours tenu au Nord-Kivu et en Ituri est une façon de jouer sur deux tableaux à la fois. Si tout va bien, la sécurité revient effectivement à l’Est, ce sera « béton ». Tout sera à l’honneur du Chef de l’État, l’homme qui réussit tout et à qui tout réussit. Si par contre rien ne marche ou tout peu, les responsables seront désignés, les mafieux qui se retrouveraient au sein de l’armée. Déjà, le discours sur le changement à la tête de l’armée, le changement du commandement au niveau des opérations, revient dans la propagande politicienne. On a vite oublié les nominations au sein des Forces armées de la Rdc (Fardc), nominations dont le contreseing a été à la base de la brouille avec le Premier ministre Ilunga Ilunkamba. Le Chef de l’État a également regretté le comportement de la justice. On n’a pas oublié que l’organisation de ce secteur a été aussi à la base de la brouille avec le Fcc, jusqu’à la rupture. Dans l’armée comme dans la magistrature, Fatshi bâton avait pris le pouvoir au point, à ce jour d’être seul maître à bord. Qu’il s’en plaigne en lieu et place d’agir, de quoi faire tomber à la renverse. Au point où on en est, il faudra au Chef de l’État, son armée comme il a son cabinet et un gouvernement à son goût. Nous serons le premier pays où en arrivant au pouvoir, le Chef de l’État se constituerait, non pas une armée nationale, mais une armée à lui. Oublier que cette armée vient de loin, serait ingrat. Nous attendons tout de l’armée nationale sans souci de ce que l’armée attend de nous comme pays, comme gouvernement.

PG

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