Face aux calculs de l’Udps: les chambres parlementaires font de la résistance

La Cour constitutionnelle a sollicité le retrait des immunités du sénateur Matata Ponyo. La demande a été rejetée. Curieusement, c’est le tollé général. C’est comme si le retrait des immunités de Matata était un problème national. C’est comme si, des enjeux autres que le besoin de connaître la vérité sur l’utilisation des finances du pays, se cacheraient derrière le souhait de traduire Matata en justice. C’est même devenu une affaire personnelle pour l’Udps dont les membres se sont agité comme il n’est pas permis.

Car, après le vote au Sénat, le Secrétaire général de l’Udps est monté au créneau pour fustiger le comportement de certains sénateurs qui auraient un pied dedans, un pied dehors. Plus important, c’est la réaction du Chef de l’Etat, lui qui, avant le vote au sénat, avait réuni les élus des élus pour leur demander de ne pas tergiverser rans le dossier de « retrait des immunités parlementaires. Cette exhortation est intervenue en un moment tellement suspect qu’elle ne laisse personne indifférent.

Après le vote, profitant de son séjour à l’Est de la Rdc, Félix-Antoine Tshilombo a dénoncé la mafia dans les institutions en épinglant le cas particulier du Sénat. Et les radicaux de l’Udps-Union sacrée, non seulement ont crié au scandale, mais aussi, ils voient dans le vote du Sénat, une double manœuvre de Modeste Bahati, président du Sénat, d’une part de faire échouer le Chef de l’Etat, d’autre part de se protéger lui-même, parce qu’il logerait aussi des cadavres dans le placard. Etonnant si la réussite du Chef de l’Etat passerait entre autre par l’emprisonnement de Augustin Matata. Pourquoi ne pas comprendre qu’il y ait des gens qui préfèrent se soustraire à la justice une fois dans son viseur ! Car, au point où on en est, Matata est condamné avant même de comparaître.

Comme si Félix-Antoine Tshilombo n’avait pas déjà suffisamment des soucis avec l’Union sacrée, l’Assemblée nationale en a rajouté. La loi d’habilitation qui aurait pu permettre au gouvernement de légiférer par ordonnance pendant l’Etat d’urgence, a été rejetée au grand dam de Christophe Mboso. Au comble de l’agitation, il est allé à la Cour constitutionnelle solliciter l’interprétation d’une disposition constitutionnelle pourtant très claire. Comprenant qu’il ne pourra pas domestiquer les députés, il a vite convoqué les députés nationaux pour leur promettre des jeeeps.

Pris au piège, Mboso, le président de l’Assemblée nationale, se perd en explications sans convaincre. Il veut faire croire qu’il s’agirait des jeeps offertes à crédit. Pas croyable ! On est presqu’a la fin de la législature, le paiement se fera en combien de mensualités sans saigner les finances des députés qui en auront besoin pour la campagne électorale prochaine.

Ce qui retient l’attention des observateurs, ce n’est pas le fait qu’il y ait toute cette agitation, mais ce qui se prépare. Pourquoi le gouvernement veut-il jouer le rôle du parlement ? Il avait fallu d’une journée de Ilunga Ilunkamba à Lubumbashi, pour que plus d’une centaine d’ordonnances soient signées à la sauvette ( ?) contournant presque le contreseing du Premier ministre. On ne sait pas ce qui sera signé du 15 juin au 15 septembre. En ce moment des réformes en rapport avec les élections, les députés auraient peur de se retrouver au retour des vacances avec des lois discutables pondues dans leur dos. Même si on les accuse de manquer l’amour du peuple, leur carrière politique c’est plus qu’une jeep.

L’autre crainte de plus en plus partagée, c’est celle de voir le gouvernement installer le pays dans un État de siège perpétuel. Le danger, c’est que l’État de siège, par définition, est une période exceptionnelle et courte,  devienne un état permanent. Ainsi donc, il perdrait ses vertus. Il n’y a pas meilleure façon de rendre un État de siège nul et de nuls effets que de le prolonger à l’infini.

SD

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