Ensemble Francis Kalombo revendique l’Union sacrée contre

Les politiciens ne sont pas attentifs aux germes de conflit. Quiconque avait suivi la sortie médiatique du porte-parole de Moïse Katumbi, devrait s’inquiéter des déclarations de ce dernier. Il avait déclaré pince-sans-rire que  Katumbi n’avait pas adhéré à l’Union sacrée. « Nous sommes créateurs de l’Union sacrée ». Curieusement, à l’Udps où on crie sur tous les toits que Félix-Antoine Tshilombo est le seul et unique initiateur de l’Union sacrée, personne n’a réagi. On comprend qu’en ce moment, l’Udps ne veut pas se facher avec ses alliés afin de ne pas renforcer la réputation qui lui colle à la peau, celle de l’homme qui ne respecte  jamais  les accords librement signés par lui. C’est dramatique. Moïse Katumbi, par Kalombo interposé, veut dire à l’opinion nationale que la création de l’Union sacrée est une initiative commune. Et donc, il n’était pas question que Katumbi adhère à quelque chose dont il est le o-créateur. Ce gros mensonge se justifie par le fait que le leader de Ensemble ne veut pas se mettre en position de serviteur. Et pour Francis Kalombo, cette posture donnée à Katumbi, est un  argument pour justifier la position embigüe d’être à la fois à l’Union sacrée et à Lamuka. Pour lui donc, l’initiation de l’Union sacrée entrait non seulement dans le cadre de la liberté reconnue aux membres de Lamuka, mais aussi dans celui de la lutte pour la conquête du pouvoir. De la façon la plus étonnante, il compare l’initiative de l’Union sacrée par Katumbi, à celle prise par Fayulu de proposer un plan de sortie de crise. Le fait que Fayulu ait proposé dans ce plan de sortie de crise une structure qui devrait être animée par lui, c’était déjà une façon de « conquérir le pouvoir » sinon d’aller vers Tshilombo. Et Francis Kalombo conclut, puisque Fayulu ne s’était pas auto-exclu, pourquoi en serait-il le cas avec Katumbi. Quel raisonnement ! On comprend que Devos Kitoko, ne se retrouvant dans ce sophisme, ait un peu chancelé. Dommage pour les Congolais. Tout analystes (je ne parle pas des  analyseurs), qui s’engagerait dans la logique kalombienne, se perdrait.

Si on devrait s’engager dans cette logique, la conquête du pouvoir serait aussi  facile que cela. Au lieu de dépenser beaucoup de temps et d’argent dans l’organisation des législatives on devrait plutôt se livrer au jeu à la manière de l’Union sacrée. Comme un arrêt de la Cour constitutionnelle consacre la liberté de mouvement des députés d’un parti à l’autre au cours de la législature, on ne sera pas surpris qu’encore une fois, la majorité change.  On peut même changer le président de la République. Car, Francis Kalombo avait appris à « l’université » que les élections n’étaient la seule voie de conquête de pouvoir. N’est-ce pas une vraie confusion entre les principes généraux constituant des constats de la pratique politique sans jugement de valeur et les règles de conquête de pouvoir dans un pays donné. Lorsque Devos Kitoko rappelle à Kalombo les règles de la conquête de pouvoir, il se situait dans le cadre congolais où une Constitution et d’autres lois déterminent les conditions pour conquérir le pouvoir. Etonnant que le porte-parole de Katumbi, comme un enfant qui répétait une leçon mal apprise, ait renvoyé son interlocuteur

à la prise de pouvoir par Mzee Kabila. Pauvres étudiants congolais obligés de consommer une certaine science toxique. Comme quoi, n’a pas autorité dans un domaine donné, qui veut.

PG

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