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Kinshasa

Coup d’Etat en Rdc

Très peu d’analystes, par complaisance ou par complicité, n’osent pas  franchir le rubicond. Question de faire figurer dans les différents cas de figures sur la table de Félix Antoine Tshilombo, celui de « le coup d’Etat ».  Les juristes, même ceux qui avaient contribué à former ce regime constitutionnel voulu semi-présidentiel, n’osent pas dire à Félix-Antoine Tshilombo, qu’aux termes de la Constitution, il n’est pas président à la manière de Mobutu, de Laurent-Désiré Kabila ou comme Joseph Kabila d’avant  1+4. Qui dit sémi-présidentiel veut dire semi-parlementaire. En d’autres termes, il y a partage de pouvoir entre l’institution président de la République et le parlement. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, comme le législatif ne peut pas s’imixer dans le quotidien de l’exécutif, il y a deux têtes de l’exécutif dont l’une est l’émanation du parlement. Cette tête, c’est le Gouvernement. Bien que le président de la République nomme le Premier ministre au sein de la majorité parlementaire, il n’entre en fonction que si la majorité parlementaire l’investit en acceptant son programme. Si la majorité parlementaire n’accepte pas  présenté par le Premier ministre ; il ne travaillera pas. Dans tout cela le garant du bon fonctionnement des institution est mis plus ou moins à l’écart afin de bien jouer son rôle d’arbitre. Car, si l’arbitre est à la fois joueur, on entre dans l’arbitraire, dans le parti pris. On en est là. Malheureusement.

Pour sortir de la crise, il y a même des juristes qui pensent que la dissolution de l’Assemblée nationale serait une arme entre les mains du Chef de l’Etat pour régler son conflit avec la loi. La Constitution congolaise, même si les juristent ne veulent pas le dire pour le besoin de la cause, est on ne peut plus claire sur ce sujet. C’est l’Assemblée nationale qui investi le gouvernement, le contrôle, par conséquent, c’est elle qui sanctionne le Premier ministre et à travers lui, tout le gouvernement. Si donc la crise naît et persiste entre l’Assemblée nationale et le gouvernement, le Chef de l’Etat entre en jeu comme arbitre. Et avant d’agir, nulle part la Constitution lui demande de consulter « le peuple ». Bien au contraire, la Constitution lui demande de consulter le Premier ministre, le président du Sénat et celui de l’Assemblée nationale. C’est seulement après que le Chef de l’Etat pourra dissoudre l’Assemblée nationale.

Beaucoup d’autres attendent voir le Chef de l’Etat de chercher une nouvelle majorité. Est-ce une prérogative du Chef de l’Etat d’œuvrer pour la formation d’une nouvelle majorité ? Immoralité et ignorance politique, on estime que le débauchage peut être érigé en mode de changer la majorité parlementaire. On va même à faire croire que le président de la République peut attirer à lui des députés, individuellement, pour les introduire dans l’union sacrée à créer. A moins de débaucher des regroupements et des partis politiques entiers, un député qui quitte son parti politique, laisse son mandat à son regroupement ou à son parti politique.

En politique, tout est possible. Et la première possibilité qui s’offre au Chef de l’Etat après les consultations déstinées au départ aux forces sociales représentatives du pays et devenues par la suite populaires, cette possibilité, c’est un coup d’Etat. L’erreur du Chef de l’Etat, c’est de croire que ce sera comme un coup de couteau dans du beurre et que ceux dont on va confisquer le pouvoir n’auront pour choix que de dire amen.

DS

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