Construction de la centrale hydroélectrique de Busanga: les habitants de quatre villages ont jusqu’au 29 juillet pour déguerpir

La construction de la centrale hydroélectrique de 240MW de la société Sino-Congolaise Hydroélectrique (Sycohydro) dans la province du Lualaba continue à faire parler d’elle. Avec 660 millions de dollars de budget, cet ouvrage doit être installé à Busanga. La concession a été attribuée par le gouvernement à la société depuis 2016. Ce projet énergétique qui s’inscrit dans le partenariat « minerais-et-infrastructures » de la Sicomines avance. Il est cependant buté à un différend avec les communautés locales qui réclament de meilleures indemnisations. 

Onze organisations de la société civile alertent sur la menace qui pèse sur au moins quatre villages de Busanga. Ces ONG actives dans la gouvernance du secteur énergétique ont écrit au ministre provincial de l’intérieur de Lualaba pour lui demander de reporter le délai de douze jours accordés aux habitants des villages 48 heures, Kamalenge, Monga Lubuza et Wafinya qui sont sommés de déguerpir. Elles souhaitent que le délai s’étende jusqu’à l’atteinte d’un compromis définitif et satisfaisant pour toutes les parties. 

Dans un communiqué signé le 17 juillet, le ministre provincial avait demandé à ces habitants qui avaient déjà reçu une indemnisation de libérer leurs maisons au plus tard le 29 juillet pour permettre à Sycohydro de creuser les bassins utiles au fonctionnement du barrage. Le ministre Kapenda Wa Kapenda Deodat justifiait son communiqué par la décision du Conseil Provincial de sécurité du Lualaba du 15 juillet 2020.

« Nos organisations considèrent que la menace de démolition des maisons dans la zone d’implantation du projet Busanga, ne tient pas compte de nombreux problèmes et revendications légitimes que soulèvent les communautés locales riveraines à savoir : le réajustement des faibles indemnités payées par Sicohydro à travers votre Commission, l’absence d’une politique efficace de réinstallation des cultivateurs délocalisés, l’absence des mécanismes de traitement des plaintes des communautés, l’inexistence d’un cadre de concertation entre les parties prenantes, l’absence d’un cahier de charges pour l’électrification de la zone et des populations riveraines ».

écrivent ces ONG.

Ces organisations dénoncent également « des arrestations arbitraires » et « des intimidations à l’endroit des personnes qui composent le comité des délocalisés qui vivent maintenant en clandestinité depuis un mois, et ce juste après votre passage sur terrain (NDLR, le passage du ministre). 

Pour ces ONG, pareille situation viole la constitution, la Loi portant principes fondamentaux relatifs à la protection de l’environnement et le Décret fixant les règles de fonctionnement des mécanismes procéduraux de la protection de l’environnement. 

Ces organisations soulignent que pour autant la réalisation du projet Hydroélectrique de Busanga s’inscrit dans le cadre du contrat Chinois, qui vise la relance économique du pays d’une part et l’amélioration du bien-être des populations d’autres part, pour autant ce projet devrait respecter les droits humains et intégrer les revendications des communautés locales dans son évolution.

Elles demandent ainsi au ministre d’associer les autres ministères, les services de l’Etat et autres parties prenantes, pour assurer la protection et le respect des droits des communautés locales dans le processus de délocalisation et relocalisation des populations de la zone d’implantation du projet Hydroélectrique de Busanga.

Pour elles, il est urgent de réévaluer préalablement en toute transparence et conformément aux lois et aux bonnes pratiques universellement reconnues notamment la norme ISO 26000 les indemnités à allouer aux personnes à déplacer. Aussi, elles proposent à l’exécutif provincial de mettre en place et de vulgariser une politique de réinstallation des communautés et des cultivateurs déplacés par l’entreprise Sicohydro. Pour éviter d’autres conflits, ajoutent-elles, il sera important d’instituer un cadre permanent de dialogue entre Sicohydro et les populations riveraines pour la gestion des plaintes.

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