Congo hold-up, la tête de Kabila mise à prix

Quel péché Lumumba avait-il commis pour mériter une mort atroce ? Compte tenu de l’environnement politique du moment, il suffisait de le qualifier  communiste, pour qu’il soit assassiné. Les politiciens congolais avaient soutenu et applaudi cet assassinat. Pourquoi en serait-il différent pour Joseph Kabila ciblé comme l’agneau expiatoire sur l’autel de la nouvelle  guerre froide qui se met en place.  Hier, Joseph   Kabila était surveillé, suivi au mot et au geste,  parce que, disait-on, malgré ses déclarations, sans ambiguïté, on craignait qu’il s’offre un troisième mandat inconstitutionnel. C’était à faire penser que le plus grand péché que pouvait commettre un président de la République africain (dont les victimes seraient les Occidentaux) était de faire plus de deux mandats. Joseph Kabila l’aurait fait, ce serait le péché qu’on retiendrait contre lui. Il n’aurait pas la paix avec les médias internationaux associés aux Ong. Il n’aurait même pas droit à la vie tout court. Il n’aurait pas, autant que  Paul Kagame, Museveni, Sassou Ngueso, Paul Bya, …droit au repos.  Car, un troisième mandat est toujours de trop pour ceux qui ne lèchent pas les bottes coloniales, ceux qui ne vont pas chaque week-end dépenser leur argent dans les hôtels ; bistrots et cinémas occidentaux. Ainsi, le troisième mandat de   Alpha Konde est plus grave que celui de Alasane Wattara.

Ceux qui croyaient à la sincérité, à l’objectivité et à l’impartialité des médias dont le respect de la déontologie professionnelle serait la seule ligne de conduite, avaient justement tort de penser  qu’après avoir respecté les deux mandats constitutionnels, Joseph Kabila vivrait désormais en paix cette vie d’après la présidence de la République.

C’était ignorer que ce qui opposait Joseph Kabila à certains milieux internationaux au service desquels se trouvent visiblement certains médias, sinon certains ethno-journalistes du temps de Titin au Congo,  relèverait d’un simple saut d’humeur. Dans ce monde qui s’engage de façon irréversible vers une nouvelle guerre froide, chacun fabrique, protège ses marionnettes et surtout, chacun élimine ou fait chanter tous ceux qui ne parlent pas le même langage que lui.

Intimider ceux qui ne sont pas dans le camp  d’inconditionnels serviteurs des intérêts de son camp. A ce sujet, Kabila fait peur. Pour le dire, nous n’avons pas besoin de nous mettre à plusieurs. On peut tout pousser à la caricature pour dire qu’une enquête journalistico-ongeo-politique, c’est du « nsaka madesu ».  En ce moment où les illusions de beaucoup de Congolais tombent quelques, années seulement après l’alternance apaisée appelée de tous les vœux, les circonstances ayant conduit à l’assassinat de Lumumba sont réunies. Kabila est la cible choisie. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, il y a lieu de craindre le pire. Il avait fallu attendre 2006 pour qu’avec Joseph Kabila pour retrouver la légitimité populaire interrompue en 1961. Plus personne ne veut reprendre cette douloureuse expérience. Ceux qui ont peur du fantôme de Kabila n’ont comme prière d’exorcisation, que  de faire la volonté du peuple. Aux criminels revenus au lieu du crime, on dirait que « qui sème le vent récolte la tempête ».

SS

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