Bemba au pouvoir avec Udps, Katumbi à Lamuka

Pour une tour de Babel, on assiste vraiment à i’une des plus étonnantes. Le Congo, d’une propriété de Léopold II, est devenu indépendant en 1960 en passant par la colonie belge. Le pays a traversé beaucoup d’étapes de vie. Mais depuis qu’il est devenu un Etat moderne, c’est pour la première fois qu’il vit dans une confusion sans nom. C’est la seule démocratie parlementaire où on a des députés qui sont de la majorité tandis que leurs partis politiques sont de l’opposition. Une démocratie où, le Chef de l’Etat, dès qu’il est élu, il démissionne de son parti politique pour cause qu’il est le président de tout le monde. Et parce qu’aux termes de la Constitution, dans son article 69, le président de la République est arbitre. Mais, personne n’est choqué lorsque, le président élu, en pleine fonctions, se crée un camp politique tout en continuant à se dire « arbitre ». Il déstabilise les institutions tout en criant haut et fort être le « garant » du « bon fonctionnement » des institutions. Hier actif, celui qui se voulait le meilleur des constitutionalistes de l’Udps, se taisait jusqu’à ce qu’il soit blessé dans  son ambition pour sortir des bois. Mieux vaut tard que jamais ! A condition, bien entendu, que le professeur Mbata remonte jusqu’à l’origine de la violation de la Constitution dénoncée.  Il en est de même de Lutundula. Mais à la différence que, là où le professeur Mbata a reçu un « mbata », Lutundula, lui, a été gratifié d’un poste de vice-Premier ministre. Pour lui donc, les vertus se perdent dans les intérêts. Entre un poste de vice-Premier ministre, chef de la diplomatie congolaise et les gesticulations juridiques – pour le respect de la Constitution – le choix est plus que clair. Il y a de quoi dire aux jeunes, les étudiants en droits surtout, ceux qui le voulaient comme modèle: « Faites ce que je vous demande de faire, mais ne faites pas ce que je fais ». Pitié !  Est aussi curieusement silencieux, le professeur Banyaku. Dommage. Il n’est malheureusement pas parlementaire. Sinon, il aurait pu  rejoindre les rangs des « révolutionnaires ». Peut-être que bientôt on aura les « révolutionnaires scientifiques ». Ceux qui avaient pris le risque de torpiller la science pour que la nouvelle majorité naisse et ait une explication scientifique. Le comble de tout, Bemba et Katumbi se disent être ensemble. Mais chacun a un discours avec les éléments de langage qui prêtent à confusion. Le Mlc se dit au pouvoir aux côtés de l’Udps. Ce parti politique connaît les enjeux de la collaboration avec l’Udps. La révision de  l’article 10 de la loi électorale, sinon la compréhension de cet article dans l’interprétation des concepts corruption et subornation, est le centre de  cet enjeu. Si Bemba semble oublier la sagesse du caméléon qui conseille de marcher en assurant ses arrières, Katumbi lui, est conscient de ce qui pourrait arriver demain, tellement que le respect des accords et des partenaires n’est pas dans l’ADN de l’Udps. Voilà qui explique le « un pied dans Lamuka un autre dans l’Union sacrée ».  Le grand mystère, c’est le silence de l’Udps. Laisse-t-on venir ! Qui vivra verra.

SG

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