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Lamuka, vers l’expérience de la dynamique de l’opposition

Sans aucun doute, le mandat que reçoit Fayulu est le dernier qui tourne. Après tout le monde va se retirer. Et Martin Fayulu restera le seul maître  à bord. Les derniers morceaux du puzzle qui pourront résister au choc, vivront leurs derniers jours jusqu’à quelques mois de 2023. Après, ce sera le sauve-qui-peut. Adolphe Muzito aura fait le mandat le plus long. Pour les observateurs avertis, on connaît le dernier cycle de cette présidence tournante de Lamuka. Car, s’il est facile d’éviter une séance de remise et reprise et de se faire représenter- se soustraire ainsi d’une belle occasion pour les leaders de Lamuka de projeter l’avenir – il sera difficile de donner la présidence à Katumbi (le prochain prétendant) en son absence. A moins que Fayulu se déplace et avec lui, tout le présidium, pour aller passer le bâton à Katumbi à Lubumbashi. Ou encore, que désormais, Muzito et Fayulu, se fassent  la passe entre « Mpangistanais ». A ce jour, cela saute aux yeux, Katumbi et Bemba n’ont plus le cœur à Lamuka. Martin Fayulu est donc allé pour une présidence à vie, faute de prétendants. C’est ce qui était arrivé avec la Dynamique de l’opposition. Il faut reconnaître que la dernière passation de pouvoir a été faite dans la douleur. Etonnant qu’après la controverse autour de certains points du communiqué final, Katumbi et Bemba n’aient pas été à la réunion du présidium. Un presidium devenu une chien-lieue, sans perspectives.

PG

Quand Kabuya s’agite sans cause

Les membres de différents partis politiques ont le droit d’afficher leurs ambitions politiques pour demain. A l’Udps, outre la boutade selon laquelle « ils feront la remise et reprise avec Jésus-Christ »,  les dirigeants attendent voir Félix-Antoine Tshilombo faire les deux mandats constitutionnels. C’est légitime. Ce qui n’est pas légitime, c’est la projection de Basile Olongo, une projection saluée en silence à l’Udps, selon laquelle, les prochaines élections ne pourront avoir lieu qu’en 2030.  Curieusement, dans les milieux de l’Udps, à suivre la réaction impromptue de Kabuya à la déclaration de Ferdinand Kambere, Secrétaire permanent-adjoint du Pprd,  on nous donne l’impression que le pouvoir qu’ils ont reçu par les élections, est devenu une proprieté privée. Et que désormais, c’est l’Udps qui devrait redistribuer les rôles. Jusqu’au droit à la parole.  Ainsi donc, lorsqu’un militant du Pprd affiche une moindre ambition, cela devient une provocation pour Augustin Kabuya. Pour lui, personne ne peut parler du retour de Joseph Kabila, sans son autorisation.   Surtout, quand on dit que le peuple veut voir Joseph Kabila revenir aux affaires, pour Kabuya, c’est une usurpation. Il déclare pince-sans-rire, que le peuple, sa proprieté,  ne peut pas vouloir le retour de Joseph Kabila. Bien au contraire, si lui, Kabuya et l’Udps n’avaient pas accepté la coalition, Kabila et ses proches allaient fuir le pays. Comme quoi, il y a les gens qui croient à leur propre illusion-mensonge. Si Kabuya est sincère, il devrait plutôt dire ce que les Congolais pensent de deux ans du pouvoir de l’Udps.  Si pour l’Udps, avoir des ambitions et s’organiser pour les réaliser,  c’est un crime de lèse majesté, c’est une preuve que c’est un parti politique hystérique, dictatorial et messianique. Quel peuple, se demande-t-on, peut vouloir voir l’Udps quitter le pouvoir? Apparemment, le peuple, c’est encore une propriété de l’Udps. Ceux qui ont voté pour Joseph Kabila, ce n’est pas le peuple. D’ailleurs, c’est pour asseoir cette théorie que l’on qualifiait de tricherie toutes les victoires de l’ancien président. On pensait que la contestation de la victoire de Félix-Antoine Tshilombo par Martin Fayulu, ramènerait l’Udps à la raison.

Hier, Fayulu et Tshilombo parlaient au nom d’un même peuple. Aujourd’hui, on nous dit que le peuple a voté pour Fayulu, le peuple a voté pour Félix Tshilombo.  Ou encore, entend-on dire, Félix a volé la victoire de Fayulu. Alors où est le peuple ? C’est le peuple de qui ? Il est temps de sortir de la politique fiction, de la politique de ghetto. A ce jour, sauf si on est dans la rêverie, l’Udps n’est pas le parti politique le mieux implanté dans les 26 provinces. Le Pprd l’est mieux que lui. Car, il ne suffit pas de s’agiter au Kasaï pour croire parler au nom du peuple congolais. On peut tout dire, mais, sauf si on veut nier les évidences, on ne peut pas se dire « peuple » et n’aligner qu’une trentaine de députés nationaux. On peut se consoler en disant à tue-tête qu’il y aurait eu tricherie, qu’on aurait une majorité fabriquée ou quoi encore, cela n’éludera jamais la vérité. Plus de bruit pour peu. Peut-on parler du bilan de 36 ans d’opposition.

SG

Minembwe, suspension ou abrogation ?

Le Chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshilombo,  a calmé le jeu dans le dosssier Minembwe. Mais, se demande-t-on, quelle est la nature de la décision prise au finish ? Existe-t-il une décision à ce sujet ? Cette décision ne concernerait-elle que la commune rurale de Minembwe ? Si oui, que deviennent les  trois cents communes rurales autres. Va-t-on simplement abroger le décret ? Que va-t-on proposer à la place ? Sans oublier que des tergiversations dans ce domaine d’organisation des entités territoriales de base,  va retarder, sinon renvoyer aux calendes grèques l’organisation des élections locales.

S’il faut saisir le Conseil d’Etat, qui va le faire ?  Au finish, quel est le problème qui sera résolu ? Une chose est vraie, on risque d’avoir pris beaucoup de peines pour resoudre un vrai faux problème. Car, la balkanisation qu’on veut prévenir en indexant Minembwe, peut venir de partout. La preuve, c’est que, la première expérience de balkanisation connu dans ce pays, notamment avec la sécession du Kasaï et du Katanga ne venait pas de Minembwe. Ce serait malheureux de faire de la question Minembwe, une grosse pomme de discorde voire une poudrière.

SK

Dossier Minembwe : Fatshi écoute la rue

Décision émotive ou simple façon de balmer la tempête ? La réaction du Chef de l’Etat dépend de ce qu’on attend de lui. On veut qu’il semêle de tout, on le met en possition de répondre de tout. Alors de tout. Déjà il doit répondre de ce qui se passe au Kongo Central. Car, un président d’une Assemblée provinciale, ce n’est pas moins qu’un bourgmestre rural. Et Minembwe, ce n’est pas seulement l’installation d’un bourgmestre, mais tout ce qu’on a fait gober aux Congolais au point de produire une vraie poudrière. Avec toutes ces médias devenus, de façon irresponsable, des « radios de mille collines ».

Hier, nous avions entendu certains Congolais demander aux animateurs d’une émission, de ne plus jamais recevoir Justin Bitakwira sur les abrennes de leur radio. Et pour cause que, non seulement Bitakwira ne leur disait pas la vérité, mais parce qu’il ne les caressait dans le sens  de « leurs oreilles ». Car, il y’a des gens qui adorent leur ignorance pour ne rêver que d’y demeurer. Et donc,  ils n’aiment entendre que ce qu’ils aiment entendre. Fussent-ils des futilités, des mensonges, des niaiseries, de la manipulation, … Et sur Top Congo, dans une émission brevière de beaucoup de Congolais, l’ancien ministre Bitakwira,  a excellé dans le paupulisme dangéreux et mensonger. Il a démenti, sans hauteurs, tout ce que le monde sait au sujet des frontières héritées de la colonisation.

L’ancien ministre devrait nous dire comment seule la frontière entre la Rdc et le Rwanda serait particulière pour déroger à ce qui est une règle générale. Cette règle, c’est que les frontières des pays africains sont artificielles, tracées sans tenir compte des populations qui y habitaient. Ainsi, pratiquement, à travers tout le continent, on trouve le même peuple de part et d’autre des frontières. C’est le cas à la frontière entre la Rdc et la Rca, entre la Rdc et le Congo Brazza, entre la Rdc et l’Angola, entre la Rdc et la Zambie, entre la Rdc et l’Ouganda, entre la Rdc et le Sud-Soudan. Sauf, comme par hasard, veut nous dire Bitakwira,  entre la Rdc et le Rwanda. C’est comme si, avant de tracer la frontière entre la Rdc et le Rwanda, les Occidentaux réunis à Berlin, avaient commencé par nettoyer tout autour,  pour qu’il n’y ait aucun peuple à cheval par rapport à cette frontière commune.

Voulant jouer avec l’ignorance d’une certaine opinion, Bitakwira a déclaré, pince-sans-rire, que né en 1960, il aurait vu venir les Banyamulenge. Très grave. Et une honte pour tous ceux qui peuvent croire à ce grossier mensonge cousu de fil blanc. Même, par miracle de l’histoire, il n’y aurait eu aucun nilothique sur ce qui est devenu territoire congolais en 1885, pourquoi le monde n’a-t-il pas appris l’histoire d’un enfant mystérieux, appelé Justin Bitakwira, né en 1960, mais avait vu tout ce qui se passait en 1930, en 1950, … Car, l’histoire nous apprend, situant les origines de certaines populations rwandophomes de la Rdc, qu’il y avait eu des transplantés au cours de ces années. En termes clairs, la Belgique qui administrait le Congo, le Rwanda et le Burundi, pour telle ou telle autre raison, avait déplacé certaines populations du Rwanda au Congo. En plus de ces populations transplantées, il y a eu ceux qu’on avait appelés à la Cns, des infiltrés sans oublier les refugiés. L’incurie, c’est de croire et de faire croire que le fait qu’il y ait eu des transplantés, des nfiltrés et autres refugiés, serait une une preuve que qu’il n’y aurait jamais eu au Kivu des nilothiques autochtones et cela, quel que soit le nom leur attribué au cours de leur évolution.   Sur cette négation, on a construit une peur alimentée par des luttes communautaires. Ces frictions on n’en a pas qu’au Kivu. Suivez ce qui se passe au Kasaï entre  les « Bena » ceci et les « Bena » cela, au Tanganyka entre les Pygmées et les Bantous, en Ituri entre les Hema et les Lendu, au Mayindombe entre les Batende et les Banunu, … On n’a jamais fait de ces conflits, des questions nationales. La particularité au Kivu où Minembwe est devenue une question nationale, c’est à cause de la donne rwandaise. Les Congolais sont chauffés à blanc, jusqu’à l’abrutissement, en leur montrant derrière chaque Munyamulenge,  un  Paul Kagame. Si donc,  la question Minembwe est résolue sur cette base émotionnelle, le Gouvernement congolais, particulièrement le Chef de l’Etat,  aura pris une décision malheureuse. Dommage,  si le garant de toutes les libertés, le Chef de l’Etat doit verser dans l’émotion, lui aussi.

Poing Gauche

Félix-Antoine Tshilombo promet de s’installer à Goma

En séjour au Nord-Kivu, le Chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshilombo, a terminé son séjour nord-kivutien par une adresse à la population de Sake, à plus ou moins 30 Km, dans le territoire de Masisi et par un point de presse. On retient à travers ces adressses, la promesse du Chef de l’Etat de s’installer dans la ville de Goma afin de partager toutes les réalités avec la population de cette partie du pays. Mais aussi et surtout, ce séjours plus ou moins prolongé dans le Nord-Kivu, sera une occasion de trouver des solutions au problème d’insécurité devenu recurent dans cette province.

Pour plus d’un, c’est une promesse de plus. Sans doute,  on aurait voulu entendre Félix-Antoine Tshilombo dire «  que la sécurité soit » pour que l’insérité disparaisse comme dans un rêve.  Les déclaration du président de la République inteviennent après la vidéo-conférence avec ses homologues angolais, ougandais et rwandais. Est-ce dire qu’il aurait eu toutes les assurances de ceux que l’opinion présente comme des parrains des groupes rebelles qui pullulent  le long des frontières avec ces pays. Assurance de quel genre ? Car, on ne voit aucun des pays concernés s’engager à couper les vivres aux rebelles congolais, sans au préalable passer aux aveux. Par conséquent, on ne pouvait attendre de ces Chefs d’Etat,  que des engagements génériques du genre « nous allons veiller à ce que nos pays ne servent pas de base de déstabilisation des  pays voisins ». C’est du déjà entendu.

Cependant, les quatre Chefs d’Etat ont pensé à quelque chose de concret, à savoir, la réunion des ministres des Affaires étrangères pour élaborer entre autre, les mécanismes de collaboration. Le souhait, pour qu’on ait quelque chose de réellement utile,  devrait être plutôt ou au finish, une rencontre des ministres de la Défense et des chefs d’Etat-major. Car, en fait, ce dont on a besoin aux frontières Rdc-Rwanda-Ouganda et Burundi, ce n’est pas la diplomatie de salon, mais celle agissante, celle des armes, pourquoi pas !

SG

Unpc, le congrès de décembre attendu

On n’attendait rien, sinon pas grand-chose du « congrès-forcing » de Muanda. Avant Kasonga Tshilunde à la tête de la corporation des journalistes, nous avions connu Kabeya Pindi Pasi. Il était destitué voire radié de la profession. Il était accusé de mégestion par les mêmes organes qui, pour les mêmes faits, ont destitué et radié Kasonga Tshilunde. Curieusement, ce dernier a refusé de se soumettre au jugement des pairs. Certains membres de la corporation le soutiennent pour cause que sa radiation n’aurait pas eu lieu pour des raisons professionnelles. Une façon de nous dire que les griefs pour la radiation dans la profession changent selon qu’il s’agit de Kabeya ou de Kasonga. A ce jour, sauf cécité, Kasonga Tshilunde fait pire que n’avait fait aucun autre président de l’Unpc. Il est à la fois : président, vice-président, secrétaire général, … Il était, avant sa réélection,  toute l’Unpc incarnée. Dans cette configuration, Tshilunde ne pouvait pas s’imaginer laisser un jour, l’Unpc à quelqu’un d’autre avant le retour de Jésus-Christ. Il ne reste aux autres membres de la corporation que de faire allégeance à l’Ayatollah de l’avenue de la presse. On l’avait entendu dire qu’entre autre preuve de sa légitimité, c’est l’occupation du siège actuel de l’Unpc. J’y suis, je suis légitime. Comme il prétend être entouré de ce qu’il y a de meilleurs de la crème journalistique du pays,  ceux qui font que la presse existe dans ce pays – pourquoi pas ceux qui ont inventé la presse dans ce pays – les autres n’auraient pas d’autre  choix que de faire des génuflexions.  Il ne reste à tous ceux qui se respectent, qu’un dernier sursaut d’orgueil s’impose. Au nom de la Constitution, rien n’interdit aux journalistes qui ne se reconnaissent pas au diktat de Tshilunde de s’organiser autrement.  Il reste que la promesse du congrès de rectification ait réellement lieu au Centre catholique Nganda.

SG  

Affaire Minembwe : feu rouge

La Rdc est en ébullition. L’installation du bourgmestre de la commune rurale de Minembwe est devenue un feu rouge. Libre de ne pas le respecter, mais attention à la police et surtout à une éventuelle collusion. Très peu sont des gens qui savent ce que c’est. Minembwe, est une nouvelle réalité pour eux. Chacun y va de son commentaire selon son l’intérêt politique.

Le fond du problème ? Dans la nouvelle décentralisation, suivant les résolutions du Dialgue intercongolais  coulées sous forme de loi dans la Constitution de février 2006, le pays se divisait désormais en provinces, en territoire, en communes rurales en secteurs et chefferies.  Plus de trois cents communes rurales ont été crées par le décret du Premier ministre. Le premier décret avait été signé par Adolphe Muzito. Aussitôt signé, ce décret était décrié, notamment par Sesanga (père) qui demandait que ce décret soit rapporté. La délimitation de ces  communes rurales posait problème. Plusieurs voix se sont levées pour dénoncer ce découpage. A Minembwe, c’était un tollé général pour cause que pour exister, la commune rurale de Minembwe devrait rogner les territoires voisins. En plus de ce problème, la loi en la matière se voulait claire. La qualité de commune rurale s’attribuait à une agglomération et non à un ensemble de quelques localités. Qualité que Minembwe ne réunissait pas. Il fallait également, aux termes de la loi que, la création d’une commune rurale devrait recevoir l’approbation de l’Assemblée provinciale. En ce qui concerne Minembwe, l’Assemblée provinciale du Sud-Kivu avait dit non.

En dépit de ce non, le décret du Premier ministre Matata Ponyo crééra la commune rurale de Minembwe. En 2015, le Conseil des ministres demandera l’abrogation de ce décret. Voici le dossier Minembwe resurgir comme un serpent de mer. Et cette fois, les arguments juridiques et techniques reculent devant la passion et la phobie, pourquoi pas aussi devant la xénophobie. Voilà le feu rouge. Plus d’un s’étonnent de l’intérêt que certains milieux diplomatiques accordent à l’installation d’un simple bourgmestre d’une commune rurale.  On se demande si les réactions qu’on entend dans certains milieux politiques ne justifient pas cette mobilisation internationale. Sauf si on a la mémoire courte, les troubles à l’Est de la Rdc avait commencé entre autre, à cause d’un certain discours politique. Le président Mobutu était obligé de lancer l’opération « kimia ». Devant la persistance de la crise, l’opération « kimia » s’est transformée en opération « mbata ». La pomme de discorde, c’était la nationalité qu’on ne voulait pas reconnaître aux Banyamulenge. La Conférence nationale s’est brûlée les aîles. Il faudra attendre le dialogue de Sun City pour voir la question trouver des réponses. Déjà à l’époque, il y avait une mobilisation pour que se termine ce qu’on considérait comme une marginalisation des populations rwandophones. Avec le discours de discrimination  actuelle, il y a risque de se mettre la communauté internationale sur le dos. Qui a besoin de tout cela ? Dommage, voilà un discours dans lequel l’Udps est absente. C’est, à notre avis,

 la meilleure façon de soutenir le Chef de l’Etat.

PG

On pousse Félix Tshilombo à la faute

Tout se dit autour de la rentrée parlementaire. Pour beaucoup, même des journalistes, pensent que le bureau de l’Assemblée nationale devrait considérer  les lois Minaku-Sakata, comme appartenant au passé. Et pour quelle raison ? La première raison, c’est que la population, dit-on, ne veut plus de ces lois pour avoir marché à l’appel de Lamuka et de l’Udps. Quelle démocratie veut-on dans ce pays ? Si c’est la démocratie directe et populaire, il faut non seulement supprimer le parlement, mais aussi et surtout,  il faudra  changer la Constitution. Il faudra que le pays se dote de  nouvelles lois devant encadrer ce nouveau système de gouvernance. Car, on ne peut pas avoir un parlement, appelé « représentation du peuple » et donner à un soi-disant peuple le pouvoir de voter des lois. Une démocratie unique au monde ! L’autre raison pour laquelle on ne veut plus entendre parler des lois Minaku-Sakata, c’est que le Chef de l’Etat s’en serait opposé. Par quel mécanisme ? Est-il permis, dans une démocratie où la séparation des pouvoirs est consacrée, que le président de la République  puisse interrompre une procédure législative sans se rendre coupable de la violation de la Constitution ? Apparemment, beaucoup de gens parmi lesquels des journalistes, doivent aller à l’école de la démocratie.

La procédure d’élaboration de loi est claire. Il y a un moment où la loi arrivera chez le président de la République pour promulgation. C’est en ce moment que le Chef de l’Etat peut émettre son avis, il peut renvoyer la loi pour une seconde lecture.  Enfin, avant la promulgation, le Chef de l’Etat sollicite toujours l’avis de la Cour constitutionnelle, un avis de constitutionnalité. C’est étonnant qu’une proposition de loi soit déclarée inconstitutionnelle avant même d’atteindre la Cour constitutionnelle. Encore une fois, on est en présence d’une démocratie à la congolaise. Il n’y a pas une meilleure façon de pousser le Chef de l’Etat à la faute.

JDG

Affaire Minembwe, attention à la passion

Pour beaucoup de prétendus analystes politiques, c’est la sortie du coma. Et avec, Minembwe commencerait à exister. La raison de la passion est difficile à définir. Il y aurait crainte que de la commune rurale, Minembwe devienne un territoire demain pour devenir province et un pays, le surlendemain. Ce serait la balkanisation. Pourquoi, de 26 communes rurales créées dans le cadre de la décentralisation, seule Minembwe constituerait un danger ? Tout simplement parce que la commune est habitée en grande majorité, par les Banyamulenge. Pour beaucoup de Congolais, les Banyamulenge ne seraient pas des Congolais. C’est le hic ! C’est le vrai problème que l’on ne veut pas poser clairement. Pourquoi ne va-t-on pas droit au but ? C’est simple que personne ne veut prendre cette responsabilité. Car, on est en face d’une attitude lourde des conséquences. Mais,  on veut que le Chef de l’Etat, Félix Antoine Tshilombo, mette ce manteau de président de la République, non seulement xénophobe, mais aussi et surtout,  qui fait des apatrides.

Comment expliquer cette mémoire courte de la part de certains Congolais ? Hier, la question Banyamulenge avait fait couler beaucoup d’encre et de salive, notamment à la Conférence nationale souveraine, notamment avec la « Commission Vangu ». Il fallait attendre le Dialogue inter Congolais pour que cette question, après des joutes oratoires parfois sans concession, trouve une issue. La Constitution de 2006 est claire : « Est Congolais, tout individu, toute nationalité, tout groupe ethnique dont un des ancêtres se trouvait sur le territoire congolais à l’indépendance ». Estimer qu’un groupe de Congolais ne mériterait pas une commune rurale, parce qu’il y aurait crainte de balkanisation, c’est reconnaître, à tort,  que le sol et le sous-sol condolais appartiendraient à ceux qui y habitent. Et, c’est affirmer que ces derniers peuvent faire de ce sol ce qu’ils veulent. Au lieu de demander au Chef de l’Etat d’annuler le décret créant la commune rurale de Minembwe, pourquoi ne pas lui demander de retirer aux Banyamulenge la nationalité congolaise. Allez jusqu’au bout de la logique.

PG   

Denis Mukwege, sapeur- pompier ou pyromane ?

Le Prix Nobel de la paix, le docteur Denis  Mukwege, a organisé à travers le pays, des marches pour exiger la mise en application du rapport « maping ». Réalisé par les experts de l’Onu, ce rapport documente de graves crimes commis en Rdc de 1993 à 2003. Il y a dix ans que le rapport moisit dans les tiroirs du Conseil de sécurité de l’Onu. La question que plus d’un se posent, c’est  entre autre, celle de savoir  pourquoi ce rapport est dépoussiéré cette année ? Est-ce parce que les Rwandais, par leurs menaces de mort contre Denis Mukwege, auraient secoué le cocotier ? Une vengeance personnelle (qui se consomme, malheureusement chaude) du Prix Nobel de la paix, contre aussi bien contre les voisins que les compatriotes qui lui chercheraient noise ?

A suivre le gynécologue, réparateur des femmes violées, on ne comprend pas sa vraie cible. Il estime que le nouveau président serait dans les bonnes dispositions de faire appliquer ce rapport. Comment ? Pire baratin ! Pour lui, la disponibilité de Félix-Antoine Tshilombo lui viendrait du fait qu’il aurait des mains propres. Gilbert Kiakwama s’interrogerait, « mains propres ou pas de mains du tout » ? A bien comprendre Denis Mukwege, l’ancien président de la République qui avait pourtant coopéré avec l’équipe de l’Onu, n’aurait pas des mains propres.  C’est une confusion propre à ce gynécologue qui verse facilement dans le débordement de statut.  Il semble naviguer entre deux eaux, entre la politique politicienne nationale et l’action de la communauté internationale. Pour lui donc, si ce rapport est resté dans les tiroirs du Conseil de sécurité de l’Onu, c’est parce que le président congolais n’aurait pas des mains propres. Il descend ainsi dans les profondeurs des caniveaux politiques. Il ne propose pas comment les dirigeants congolais auraient pu agir à la place de ceux qui avaient envoyé la mission d’enquête. En outre, comment pouvait-il penser que les dirigeants congolais qui, selon lui, auraient des mains sales, pouvaient-ils s’activer pour que le rapport qui les accuserait soit appliqué par eux-mêmes ?  Du méli-mélo ! Mukwege doit savoir ce qu’il veut.

Créer un tribunal international pour juger les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité, n’est pas une grande première. On en a eu en Yougoslavie, au Rwanda (Arusha), en Sierra Léone …  Nulle part où on avait créé ces tribunaux,  on avait attendu la demande insistante des pays victimes pour que le Conseil de sécurité s’exécute. Tout ce qu’on demanderait aux pays intéressés, c’est la coopération avec les instances de l’Onu. On a vu par exemple, la communauté internationale, l’Ue ou les Usa, sanctionner certaines personnalités congolaises. Etait-ce à la demande des dirigeants congolais ? La Rdc a livré à la Cpi des justifiables tels que Thomas Lubanga, Ngudjolo, Katanga et autres, sans que la Rdc ait supplié le Conseil de sécurité. Etonnant, que Mukwege pense que l’application du rapport maping serait une question de la politique interne de la  Rdc. Le gynécologue aurait voulu voir les dirigeants congolais sanctionner les auteurs de ces crimes au moment où le rapport ne donne pas l’identité des criminels. Et comment la Rdc devrait aller juger les Rwandais ? A moins qu’on nous dise que l’action de Mukwege ne viserait que d’éventuels criminels congolais !  Trop bas. Et voilà le sapeur -pompier dans le rôle de pyromane. Il ne pense pas que la sous-région pourrait s’embraser. On penserait, pourquoi pas,  à la politique des pompes funèbres. Plus qu’il y a des conflits, plus qu’il y aura des femmes à réparer. Plus qu’on aura de notorieté. Triste !

Shaah G.